La majorité des investisseurs privés consacrent leur énergie, leur temps et leur argent à chercher la réponse à deux questions :
1- Quelle valeur acheter ou vendre ?
2- Quel est le meilleur moment pour l’acheter et le meilleur moment pour la vendre.
Ils considèrent, plus ou moins consciemment, que le choix et le timing représentent l’essentiel d’une opération.
Pour gagner de l’argent sur les marchés financiers de manière régulière et en contrôlant parfaitement le risque à tout moment il faut que la stratégie adoptée soit constituée d’au moins 70% de money management et seulement 30% de timing, analyses, savoir-faire et signaux de systèmes de trading compris.
La question n’est pas de savoir quand il faut acheter ni quand il faut vendre. Mais de savoir « Combien » :
1- Sur Combien de valeurs vais je répartir mon risque ?
2- Combien d’argent vais-je risquer sur le premier trade ?
3- Combien d’argent au maximum dois je accepter de perdre ?
4- De combien vais-je augmenter mon exposition lorsque je gagne et de combien vais-je la diminuer lorsque je perds ?
Répondre à ce type de questions c’est faire usage de Money management. Et donc gérer correctement. Cette notion est si importante qu’elle constitue à elle seule (ou presque) la condition nécessaire et suffisante d’une gestion de portefeuille réussie.
Pour vous donner une idée de sa puissance, voici deux histoires :
Histoire 1 : Richard Dennis et les Turtles
En 1984, un trader du nom de Dennis Richard parie avec son ami William Eckhardt qu’il est capable d’enseigner sa méthode de spéculation à des personnes qui n’ont pas forcement des notions financières et que ces dernières feront d’excellents traders.
Il met une annonce dans le « Wall Street Journal » et enseigne pendant 15 jours à un groupe de jeunes néophytes ses techniques de spéculation. Dennis veut prouver non seulement qu’il est possible d’identifier une méthode rigoureuse pour gagner de l’argent de manière régulière sur les marchés financiers, mais que surtout cette méthode peut être enseignée.
Son ami William prétend que les capacités requises pour ce genre d’exploit relèvent bien plus de l’instinct et ne peuvent donc être transmises.
Dennis gagne le pari haut la main : dés la première année, la plupart de ses étudiants (appelés les « Turtles ») réalisent des performances hors norme (entre 50 et 100% par an). Et deviennent rapidement des gestionnaires d’exception.
Aujourd’hui encore on trouve parmi les meilleurs gestionnaires au monde une bonne vingtaine de Turtles.
Quel est donc le secret des Turtles ?
Longtemps gardé dans l’ombre (les Turtles avaient une obligation contractuelle de ne jamais le divulguer) on apprend aujourd’hui que le système de Dennis Richard est basé essentiellement sur le Money management :
- Interdiction absolue de risquer plus de 2% du capital sur une opération
- Quand on gagne on augmente l’exposition.
- Quand on perd on la diminue.
Le Turtle passait son temps à chercher à répondre à la question « Combien » plutôt que de chercher à savoir quelle action acheter ou quand l’acheter. Le plus important c’est d’abord de ne pas perdre de l’argent, avant de chercher à en gagner.
Histoire N°2 : Ralph Vince et ses 40 Ingénieurs
L’expérience que Ralph a menée a montré clairement la puissance du Money Management.
Il convoque 40 ingénieurs en tout genre, statistiques, mathématiques, marchés financiers etc. et leur remet un jeu électronique et 10 000 $ fictifs.
Ils peuvent jouer 100 fois au jeu. Avec 60% de chances de gagner et 40% de chances de perdre. Ils gagnent le montant de leur mise et perdent également le montant de leur mise.
C’est donc un jeu à espérance mathématique positive. Comme jamais ils ne peuvent rêver d’en trouver à Las Vegas. Devinez combien de ces 40 ingénieurs ont-ils réussi à gagner de l’argent après 100 essais ?
Le résultat de cette expérience est tout simplement étonnant : seulement 2 ingénieurs sur 40 ont pu gagner de l’argent. Et les 38 autres se sont retrouvés perdants.
Difficile d’imaginer que 95% du groupe puissent perdre à un jeu où la chance de gain est supérieure à celle de la perte. Et pourtant !
Ils ont fini par perdre parce qu’ils ont misé un peu au hasard, sans méthode, sans Money Management.
Il en est de même pour la majorité des particuliers. Ils investissent en bourse sans utiliser de money management, tout occupés à trouver quelle action acheter et quand passer l’ordre.
Alors que le plus important est de définir combien doivent-ils investir sur cette action ?
Voici un exercice très intéressant de pur money management. qui est tiré du livre de Ralph Vince « Portfolio Management Formulas ».
Exercice
J’ai 100 euros. Et je vais jouer à pile ou face.
Si je gagne, j’encaisse le double de ma mise.
Si je perds, je ne perds que le montant de ma mise.
Donc, là aussi j’ai une espérance mathématique largement positive.
Je dois choisir entre les 4 options suivantes :
A- je mise 10% du montant total de mon capital à chaque lancer.
B- je mise 25% du montant total de mon capital à chaque lancer.
C- je mise 40% du montant total de mon capital à chaque lancer.
D- je mise 51% du montant total de mon capital à chaque lancer.
Quel est le montant idéal à miser pour qu’au terme de 100 lancers je réalise la meilleure performance possible ?
Voilà la solution :
A- les 100 euros rapportent 4 700 euros
B- les 100 euros rapportent 36 100 euros
C- les 100 euros rapportent 4 700 euros
D- les 100 euros rapportent 31 euros
Auriez-vous trouvé que la mise parfaite était 25% ? On voit clairement qu’il y a une très grande différence entre les options. Ce qui signifie que le money management est capital dans une gestion de portefeuille. Attention, 25% est ici la mise idéale PARCE QUE le gain est le double de la mise, ce qui est rarement le cas dans un trade.
Cet exercice montre que la mise ou l’investissement doit être fonction de l’espérance de gain.
Avant de mettre son argent dans le fleuve tumultueux de la bourse, il est nécessaire d’identifier l’espérance de gain pour pouvoir définir le montant à investir. En général, on a tendance à investir beaucoup plus qu’il ne faut (par rapport au capital), tout simplement par ignorance des principes de Money Management :
•Définir le nombre de contrats pour initier un trade, avec un risque maximum de 2 %
du capital par trade.
•Augmenter l’exposition au fur et à mesure que l’on gagne de l’argent.
•Diminuer l’exposition au fur et à mesure que l’on perd de l’argent.
•Adapter à chaque marché à terme le coefficient approprié de hausse ou de baisse de l’exposition en fonction de l’espérance de gain.